Les contes de la pluie

Les 24h de la nouvelle, édition 2017

Ça fait trois ans que je participe, aux alentours du mois de mai, aux 24h de la nouvelle. Il s’agissait comme les autres fois d’écrire un texte en moins de 24h et en respectant une contrainte commune à tous les auteurs qui participaient. Cette année :

Un moyen de transport doit être important pour l’intrigue.

Mine de rien, ce n’était pas une contrainte évidente parce que, à la réflexion, dans la plupart de mes textes, il y a déjà plein de moyens de transport, et souvent importants pour l’intrigue. Que ce soit les trains, les scooters, les vaisseaux spatiaux, les bateaux, les canards géants, parfois même des villes entières… Mes personnages ont la bougeotte, ou se font trimballer de force, c’est au choix. J’imagine que c’est un bon reflet à la fois de mes aspirations et de mes angoisses concernant mes propres envies de voyage. Au final, je reste le plus souvent au point mort, coincé entre ces tiraillements – ce qui ne m’empêche pas de prendre la route dans ma tête, à la suite de mes personnages, pour aller explorer des bouts de temps ou de magie que je ne trouverais de toute façon jamais autrement.

Bref, il me fallait une autre contrainte, une source d’inspiration qui me permettrait de donner un sens à ce voyage. J’étais d’humeur futuriste et je venais de repenser à VA-11 HALL-A, une histoire dans laquelle on incarne une barmaid qui écoute les histoires de ses clients. Mais qui écoute la barmaid quand elle a elle-même des soucis ?

Voici donc Frozen Empathy, le cocktail que Fern te propose pour passer ses nerfs. Excuse son caractère, elle passe une très mauvaise journée.

Et comme d’habitude, bonne lecture, voyageur de l’esprit !

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Retour

Avec le retour du printemps, les lettres poussent et forment des mots qui à leur tour deviennent des phrases et puis enfin des textes. Ce n’est pas forcément comme ça que ça marche en réalité, mais cette année, le retour des histoires coïncide avec celui du soleil. Après un hiver morne et pluvieux, avoir quelques éclaircies de temps en temps fait un bien fou.

J’ai quelques récits à partager, mais je ne vais pas te les donner tous d’un coup. J’ai au moins deux raisons à donner à ça : la première est égoïste, à savoir me forcer à retrouver une régularité dans l’écriture ; la seconde est dans doute un peu plus fumeuse, puisque je me dis que ça t’évite de devoir choisir par où commencer. Tu as certainement bien assez l’occasion de faire des choix dans tes voyages pour que je t’impose le fardeau du doute dans mon humble bibliothèque. Et si ça ne te convient pas, il te suffit d’attendre quelques semaines que je remplume un peu mes étagères.

L’histoire d’aujourd’hui a déjà quelques semaines. Elle date du festival des Oniriques à Lyon et du match d’écriture que les Torthéières ont disputé là-bas. Tu te souviens peut-être des règles qui ont cours dans cet exercice ; si non, tu peux les retrouver dans ce vieil article. Cette fois-ci, je devais composer avec le thème « Je, robot-mixeur », Lia avec « Le cheval-vapeur a faim » et Vestrit avec « L’homme est un outil comme les autres ». Comme la dernière fois, tu peux consulter les textes sur le site de Présences d’Esprits – et t’amuser à essayer de nous reconnaître.

Sinon, tu peux partir par ici pour aller lire directement mon histoire, Connexion Imprévue, dans l’Atelier. Dans tous les cas, bonne lecture et à la semaine prochaine !

 

Novembrury

Nous sommes en Novembre, ce qui signifie pour un certain nombre de personne NaNoWriMo (National Novel Writing Month, ce défi qui consiste à écrire un roman entre le premier et le dernier jours du mois). Sauf que cette année, je me sens bien peu armé pour faire face à ce genre d’épreuve. Les jours ont tendance à me laisser passablement épuisé ces temps-ci, je n’ai pas vraiment la force de me lancer dans un projet de cette envergure.

En revanche, c’est l’époque idéale pour se remettre à écrire – avec la que créent les autres auteurs et autrices tout autour, ce serait dommage de ne pas en profiter. J’ai donc décidé de me lancer dans un mini-projet Bradbury. Une nouvelle par semaine, pendant Novembre. Comme tu peux le constater, c’est un peu raté pour le moment.

J’ai quand même réussi à boucler ma première histoire, et quelque part, ça me rassure et me pousse en avant. Non, la fatigue ne m’a pas complètement vaincu, oui, je peux toujours profiter de la bonne humeur des autres pour avancer. Ce n’est pas la résignation mais bien moi qui aurai Le dernier mot.

Comme d’habitude, je suis parti de trois mots que l’on m’a gracieusement fourni pour forcer l’inspiration à sortir de son trou. Merci Noah, et bonne chance pour les trouver tous, voyageurs ! Moi, je vais profiter de la nuit tant qu’elle est encore sombre…

En pause

L’écriture se fait rare, ces temps-ci. Les idées désertent et les textes inachevés s’accumulent. Une période de creux comme j’en ai déjà traversé plein. Ce sont les moments pendant lesquels on a l’impression de stagner sur la route, et pourtant ce sont ceux pendant lesquels on avance le plus, ceux où on apprend le plus de nouvelles choses.

J’essaye quand même de ne pas trop me laisser abattre, de garder l’horizon en vue et de me dérouiller quand je sens que je m’entartre. Ce soir est un de ces soirs. Heureusement, les #TinkyStories sont là tous les jeudis, c’est le moment parfait pour prendre un peu d’exercice.

Selon la -maitenant- tradition, j’ai donc demandé trois mots au hasard, et j’en ai tiré un texte. Encore une fois, je n’ai pu en caser que deux – non pas que l’envie manque de caser le troisième, d’autant plus qu’il collait admirablement dans la dernière phrase, mais la logique et la cohérence ne le permettait pas tellement. Si je le retravaille, je m’arrangerai pour l’intégrer.

En attendant, voyageur, ne sois pas timide et laisse toi entraîner dans la danse.

#TinkyStories

Tous les jeudi, ou au moins quelques uns, Tinky nous propose d’écrire une histoire à l’occasion des #TinkyStories qu’il lit ensuite dans la soirée au cours d’une émission live sur Twitch.

Cette fois, j’ai décidé de participer. Le thème était « vieillir ». Mais ce n’était pas suffisant : j’ai donc décidé de demander à des amis de me donner trois mots, selon ma tradition depuis quelques temps. Je te laisse le soin de deviner lesquels (même si je n’ai réussi à en intégrer que deux).

Bonne lecture voyageur, j’espère que toi non plus tu n’es pas allergique aux abeilles.

Les 24h de la nouvelle, édition 2016

Tu te souviens les 24h de la nouvelle ? Cette année nous avons remis le couvert avec le thème suivant :

« L’histoire doit se passer à au moins deux époques différentes (pas forcément très distantes, qui ne peuvent pas communiquer directement entre elles (pas de portails temporels, de machines à remonter le temps, de télépathie…), mais se répondent et se complètent. »
Ce n’était pas une contrainte évidente à tenir, mais apparemment ça ne suffisait pas à certains d’entre nous. Deux contraintes non-officielles se sont donc rajoutées en cours de route : écrire en regardant l’Eurovision (ce qui s’est avéré totalement impossible) et rajouter une boule facette (déjà plus facile).
Du coup, Hacker le poulpe est né dans une ambiance pleine de paillettes, de lumière et de chansons kitschs. Je ne sais pas très bien comment cette histoire a réussi à survivre à cette débauche d’informations contradictoires, mais le fait est qu’elle a non seulement trouvé son point final, mais s’est aussi beaucoup plus développée que ce à quoi j’aurais pu m’attendre.
Alors voilà. Si le gris du ciel et le tambour de la pluie t’agace, prends un moment pour plonger sous l’océan. Au moins, les averses ne t’embêteront plus.

Post-Mortem

Nous sommes le 7 janvier, il est temps d’éteindre les lumières et de fermer la porte de l’Atelier Bradbury. Après l’avoir occupé et rempli de feuilles volantes pendant un an, après avoir barbouillé les murs d’histoires finies et d’autres qui attendent toujours leur point final, ça me fait un peu bizarre de me dire que je n’y reviendrai plus, en tout cas pas tout de suite. Non pas que j’ai été présent autant que je l’aurais souhaité. Sur un an, j’aurais dû écrire cinquante deux nouvelles, une par semaine. Au final, j’en ai trente-deux qui attendent l’heure de la relecture, trente-trois même puisqu’il y en a une qui traîne dans mes carnets. Je n’ai pas réussi à accomplir mon objectif, mais ce n’est peut-être pas plus mal : ça veut dire que j’ai su laisser couler quand il le fallait, sans me mettre de pression inutile. Trente-trois histoires, et sept autres inachevées. Je n’arrive pas vraiment à réaliser. Il est sans doute temps de faire le point. Un petit résumé des événements : le premier janvier dernier, Lia et moi nous sommes lancés de concert dans les traces de Neil Jomunsi pour accomplir ce qu’on appelait alors le Projet Bradbury. Je la laisserai faire son propre récit ; de mon côté, ça s’est plutôt bien passé tout du long, avec bien sûr tous les creux et toutes les bosses que ça implique. Je n’ai pas toujours écrit un texte par semaine, en particulier cet été et ces deux derniers mois, mais dans l’ensemble, je me suis souvent rattrapé, j’ai été régulier, j’ai écrit. Ca n’a pas toujours été évident et je me suis couché à 5h du matin plus de fois que je n’aurais voulu pour finir un texte. Je me suis parfois découragé et j’ai souvent voulu raccrocher la plume, mais je ne me suis pas laissé faire. Déjà parce que plein d’événements me poussaient à écrire, entre les write-in à Lyon et les matchs d’écriture des Oniriques et des Imaginales. Ensuite parce que j’ai eu des lecteurs patients et motivés pour me pousser à raconter mon histoire tous les mercredis. Merci à vous, les voyageurs qui avez posé vos sacs un moment dans mon atelier pour me lire, vous m’avez soutenu et aidé à garder le rythme pendant un an et c’est formidable. Je regrette de ne pas toujours avoir eu le temps de relire avant de poster, mais ça, ce sera l’affaire de 2016. Et finalement, qu’est-ce que j’ai retiré de cette expérience ? Pas mal de choses : d’abord, ce n’est pas impossible de garder le rythme. On pourrait croire qu’inventer une histoire par semaine c’est compliqué, mais en fait, non : elles sont tout autour de nous. Dans une phrase échappée de quelqu’un, une pensée saugrenue le matin au réveil, un mouvement de foule, un effet de lumière sur un bâtiment, une idée notée sur un coin de carnet… Et puis quand il n’y a rien (parce qu’on a pas eu le temps, qu’on a pas regardé partout, qu’on a un peu la flemme), il suffit de créer l’inspiration. Demander à quelqu’un une contrainte, c’est déjà faire les deux premiers pas pour écrire, celui de l’envie et de la motivation, et celui du lecteur qui veut lire le résultat. Il suffit rarement de plus pour se lancer – même si ça prend parfois un peu de temps pour décanter. Le plus compliqué, finalement, c’est poser le point final. Une date butoir aide à se structurer pour rester dans les temps, mais elle ne fait pas toujours tout. Pour surmonter la difficulté j’ai dû expérimenter des techniques, apprendre deux ou trois choses sur ma manière de fonctionner et parfois accepter d’échouer. C’est peut-être la leçon la plus importante que j’en retire : il n’y a rien de grave à ne pas réussir, parce que ça ne signifie pas qu’on va s’arrêter là. Et puis bien sûr, j’en ressors avec trente-trois histoires. Des longues, des courtes, des bien et d’autres moins. Je n’ai pas compté, mais je pense que c’est presque autant, en un an, que tout ce que j’ai écrit depuis mon premier texte, Et la pluie tombait, à treize ans. C’est insensé, comme chiffre. Je vais avoir plein de boulot pour retaper tout ça. Et maintenant ? Finir les textes inachevés, corriger les textes déjà écrits, peut-être compléter pour arriver tout de même à cinquante deux… 2016 s’annonce riche et la porte de l’Atelier restera entrouverte. Mais je ne me mettrai pas plus la pression que l’an dernier : je n’écrirai que quand j’en aurai l’envie et le temps, et je ne me sentirai pas coupable de ne pas le faire. Mon rythme du mercredi ne sera pas évident à reprendre. Je suis toujours en train de chercher mes marques dans ma nouvelle vie et le temps de me reposer. Mais ça viendra. C’est déjà venu une fois, après tout.

Des nouvelles et des nouvelles

Je n’ai pas participé au NaNoWriMo.

Cette année, j’ai eu d’autres choses en tête. Je m’attendais à cette bifurcation sur ma route – à vrai dire, je l’espérais depuis longtemps déjà, et je l’ai vue venir de très loin. Par contre, je n’avais pas prévu que le virage soit à quatre-vingt-dix degrés, ni que le chemin tangue et vacille autant. J’ai passé mon temps à tenter de maintenir mon équilibre et pendant ce temps, je n’avais plus la force de tenir une plume.

Mais peu à peu, la voie se dénoue et le calme revient. Je n’ai toujours pas commencé de roman, par contre j’ai repris l’écriture de mes nouvelles. Elles sont deux cette semaine, et elles seront encore deux la semaine prochaine si tout va bien. Encore une fois – je vais finir par en faire tradition – trois mots que l’on m’a gentiment soufflé sont à l’origine de chacune de ces deux histoires.  Je vous laisse le plaisir de les retrouver.

La première, Magnétisme mécanique, est une histoire que je voulais raconter depuis longtemps – quoique pas nécessairement sous cette forme à l’origine. C’est une histoire de train et de bandits de grand chemin. Un thème classique quand on a l’habitude de parler d’histoires de voyage, mais je n’avais encore jamais eu l’occasion de l’explorer. C’est maintenant chose faite.

La seconde, Adieu mémoire, bonjour nescience, est plutôt un exercice. Un genre de footing après avoir délaissé trop longtemps la plume. On n’oublie jamais comment s’y prendre – surtout que ça ne fait pas si longtemps que ça que je n’ai pas écris, et si vous me suivez depuis un moment vous avez dû vous rendre compte que j’ai déjà connu des périodes d’apnée sérieuses – mais se mettre en jambes et savoir retrouver son souffle, c’est important tout de même.

Et voilà. C’est peu de choses, mais je ne sais jamais quoi raconter après les périodes d’absence. Alors je me contenterai de ces quelques mots.

Je suis de retour.

Exercice de style

La semaine prochaine commence un marathon d’un genre particulier, voyageur. Il s’appelle le NaNoWriMo et consiste en l’écriture d’un roman en l’espace d’un mois, celui de novembre. Or j’ai bien besoin de m’y préparer, en ces temps incertains qui me conduisent sur des chemins boueux. La lumière m’attend au bout du tunnel, bien sûr, mais pour l’instant, j’aperçois surtout la pluie. Et ce n’est pas franchement le temps idéal pour sortir la plume.

Heureusement, je suis bien entouré. Au gré des routes et des déceptions, Lia et moi avons aujourd’hui découvert un pub sympathique, le Wild Krona, qui a bien voulu nous accueillir au milieu des intempéries. Et dans l’atmosphère chaude de cet asile tout jeune – et dans la fumée rassurante d’un chocolat chaud – nous avons pu trouver le temps d’écrire et d’affûté nos plumes en vue de la course qui nous attend.

Ce soir, mon ami, je t’apporte deux toutes petites histoires écrites à la lueur des lumignons. Elles ont le parfum de la plume mouillée et le goût du défi, mais je les trouve amusante et j’espère qu’il en sera de même pour toi. Elles s’intitulent Yggdrasil et Elles sont belles mes chaussures !

Oh, une dernière chose : tu commences peut-être à avoir l’habitude, mais il y a trois mots imposés cachés dans chacune d’entre elles. Il ne tient qu’à toi de les retrouver.

Veillée nocturne

Parfois, je ne vois pas très bien le temps passer quand ma plume gratte le papier à la lueur des bougies. La fatigue me colle les yeux. Le seul voyage qui m’attend pour l’instant est celui qui me conduira au pays des rêves.

Cependant, voyageur, tu trouveras près de cette note la dernière de mes histoires. Si tu as besoin de lecture, n’hésite pas à lire les aventures de la jeune Boulon.

Et sur ce, je te dis bonne nuit.